Attendu avec impatience à Noël par les petits et les grands, le cadeau n’a pas toujours eu le sens qu’on lui connaît aujourd’hui, ni emballé de papier doré.

    Rétro balade surprenante dans l’univers du présent….

    UNE FIORITURE DE L’ECRITURE

    L’étymologie est parfois aussi étonnante que le contenu d’une pochette-surprise !

    Au 15e siècle, le mot cadeau n’avait aucun lien avec le présent que l’on s’offre à Noël.

    Son domaine était celui de la calligraphie. Il désignait la lettre capitale ornementale placée en tête des chapitres de livres ou tout manuscrit élaboré, y compris les registres de comptes des domaines seigneuriaux.

    Emprunté au vieux français ‘‘captel’’ (capitaine, personnage placé en tête), lui-même issu du latin ‘‘capitelum’’ (petite tête), le cadeau était savamment tracé de multiples coups de plume et comprenait souvent une tête de personnage surgissant de la lettre de l’alphabet.

    SYNONYME DE FETE GALANTE

    L’imprimerie étant devenue une industrie sérieuse, le terme ‘‘capitale’’ remplace au 15e siècle celui de cadeau en tant qu’initiale calligraphiée.

    Le mot se contente alors de désigner, par ancienne analogie, des fioritures tracées sur une feuille de papier ou émaillant les discours d’un auteur ou d’un avocat.

    Fête galante avec la Camargo dansant avec un partenaire – Nicolas Lancret

    Mais au 17e siècle, cadeau prend soudain un sens nouveau : précisément celui de ‘‘ fête galante avec musique et banquet offerte à une dame’’ ; une façon raffinée et luxueuse ‘‘d’emballer’’ non plus les lettres de l’alphabet mais l’élue de son cœur par le biais de ce cadeau plus ou moins intéressé !

    PETITE CHOSE INUTILE POUR FAIRE PLAISIR

    Au cours du 18e siècle, c’en est fini du cadeau exclusivement réservé à la dame de ses pensées pour mieux la faire succomber.

    Le mot prend enfin le sens large qu’on lui connaît, mais sans toutefois se départir de sa notion originelle d’enjolivures surfaites.

    Alors que le don véhicule une notion d’argent, de profondeur et d’austérité, le cadeau offert pour ‘‘fêter quelqu’un’’ se définit comme une chose spécieuse et inutile, faite juste pour le plaisir.

    Un peu, finalement, à l’image des cadeaux que faisaient les élèves, au 15e siècle, sous la houlette du maître d’écriture en dessinant leurs lettres enluminées.

    L’ORANGE DE NOËL, VRAI CADEAU DE LUXE !

    Véritable soleil au cœur de l’hiver, l’orange a, sous nos climats, longtemps été l’apanage des aristocrates, Louis XIV en tête. Elle restera un produit de luxe cher jusqu’à dans les années 1950 et l’essor du transport.

    Aussi, lorsque la coutume des cadeaux de Noël s’est répandue à la fin du 19e siècle, offrir une orange était un vrai cadeau de luxe dans les milieux populaires et qui explique la traditionnelle remarque moult fois entendue dans les familles où les enfants croulent sous les jouets : ‘‘De mon temps, on ne recevait qu’une orange à Noël et c’était un beau cadeau ! ’’

    La tradition est encore d’actualité dans de nombreuses familles avec un plus pour la région lyonnaise : les chaussures mises sous le sapin sont remplies avec des oranges (ou mandarines) et des papillotes !

    Si maintenant, presque tout le monde connaît les papillotes, il n’en était de même lorsque je suis arrivée à Lyon en 1965 et la Normande que j’étais ne connaissait pas cette coutume bien agréable.

     

    JAMAIS EMBALLE, EXCEPTE CHEZ LES RICHES ET AU JAPON  

    La magie du cadeau, qu’il soit gros ou petit, tient aussi au mystère que lui confère son emballage. Difficile aujourd’hui d’imaginer au pied du sapin un cadeau non empaqueté et non enrubanné !

    C’était pourtant le cas en Occident jusqu’à la fin du 19e siècle.

    La pratique n’avait cours que chez les nantis pour qui dissimuler un présent étant un signe supplémentaire de richesse.

    Tissus, dentelles, rubans, papier blanc servaient alors à réaliser des emballages impressionnants mais sans technique particulière.

    Au Japon, l’art de l’emballage (origata)  – né et codifié au 14e siècle – consistait à envelopper les cadeaux de dizaines de couches de fibres que le destinataire devait lentement séparer, sous peine de se montrer grossier. Il fallait être patient !

    Au Japon, le paquet cadeau est en effet considéré comme aussi important que le cadeau lui-même.

    Le choix du papier et le temps passé à confectionner l’emballage prouvent l’importance que l’on accorde au destinataire.

    LE PAPIER CADEAU, PUR ACCIDENT DE PARCOURS  !

    Imprimé, doré… l’emballage qui, dans tous les sens, s’arrache à Noël, date de 1917.

    Cette année-là, des papetiers américains, de Kansas City, dans le Missouri, Clyde et Joyce Rollie Hall, sont en rupture de stock de rouleaux d’emballage tissu, la norme en la matière.

    Pour ne pas rater de vente, ils proposent aux clients des rouleaux de papier doublure d’enveloppes françaises à motifs fantaisie.

    Le succès est tel qu’ils commercialisent un papier cadeau en 1919 et lancent par ricochet cette industrie du suspense éphémère.

    Personnalisable à l’infini, le papier cadeau, malgré son caractère éphémère, reste un élément majeur des fêtes de par sa valeur symbolique. Il est le premier contact visuel avec ce qui est offert.

    Texte proposé par Claudine Proriol

    Sources et photos : Magazine Notre Temps – Internet

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