L’EPOPEE DE LA VACCINATION

    L’EPOPEE DE LA VACCINATION

    Devenu banal de nos jours dans nos sociétés, ce geste médical (de nouveau d’actualité avec la Covid-19), reste toujours la plus grande victoire de la médecine contre nombre de maladies infectieuses contre lesquelles l’humanité était entièrement démunie avant son avènement.

    L’HISTOIRE DE LA VACCINATION, DE LA VARIOLE AU PAPILLOMAVIRUS.

    • De la variole à la rage, d’ Edward Jenner à Louis Pasteur

    A la fin du 18e siècle, la bucolique campagne anglaise sert de berceau à l’invention de la vaccination: le docteur Edward Jenner, médecin de campagne, remarque que les épidémies de variole épargnent curieusement les trayeuses (les vachères).

    En effet, ces femmes sont au contact quotidien des pis de vaches, potentiellement porteuses de cow-pox, une maladie infectieuse proche de la variole humaine.

    Le cow-pox se transmet à l’homme (en l’occurrence à la femme) sous une forme bégnine, immunisant ainsi la porteuse contre les formes plus graves de variole humaine.

    Depuis l’Antiquité, les civilisations passées, en Inde ou en Chine, avaient déjà pressenti que l’inoculation d’un virus atténué ou inactivé offrait une certaine protection.

    Constatations confirmées le 14 mai 1796 par le docteur Jenner lorsqu’il inocule le virus du cow-pox au jeune James Phipps ; l’enfant ne sera pas contaminé par la variole ; c’est le balbutiement de la vaccination.

    Le docteur Jenner inocule le cow-pox à James Phipps
    le 14 mai 1796
    Peinture Ernest Board

    A partir de 1796, le vaccin antivariolique se perfectionne ; il est rendu obligatoire au Royaume-Uni dès 1853 ; son déploiement à l’échelle mondiale par l’O.M.S.(organisation Mondiale de la Santé) finira par éradiquer la maladie en 1980.

    En recevant la première dose de vaccin antivariolique, James Phipps a connu son heure de gloire mais c’est de l’autre côté de la Manche, en France, que l’histoire de la vaccination et des vaccins se prolonge.

    En 1885, le jeune Joseph Meister est sévèrement mordu par un chien soupçonné d’être enragé.

    Aucun traitement n’existe alors et la mère de l’enfant se tourne alors vers Louis Pasteur.

    Le chimiste affiche un palmarès solide avec ses travaux en microbiologie prolongeant les découvertes de Jenner sur les liens infectieux entre maladies humaines et animales.

    C’est à titre expérimental et pour la première fois sur un humain que Louis Pasteur, bien que fébrile, procède à 21 injections du virus de la rage atténué à Joseph.

    L’enfant guérit et Louis Pasteur reçoit la confirmation de ses principes de vaccination.

    L’histoire de la lutte à grande échelle contre les maladies infectieuses démarre et s’écrit encore aujourd’hui.

    Louis Pasteur, chimiste, physicien

    • Le ‘‘Boom’’ des vaccins au 19e siècle

    Au tournant du siècle, l’histoire des vaccins s’accélère et se perfectionne en répliquant les principes de Pasteur qui prône l’atténuation ou l’inactivation du virus comme principe vaccinal.

    Ainsi, de nouveaux vaccins nés en Europe voient le jour et jugulent les historiques fièvre typhoïde (1896), la peste (1897), la tuberculose (1921), la diphtérie (1923), le tétanos et la coqueluche (1926), la fièvre jaune (1932) et le typhus (1937).

    Plus tard, les Etats-Unis s’affirment comme un acteur incontournable de la vaccination : les G.I débarquent en Europe en 1945 avec en poche un vaccin efficace contre la grippe, suivi par celui de la poliomyélite en 1954.

    Les années 1960 et 1970 concentrent des sorties de vaccins déployés à grande échelle auprès des nourrissons français : les injections contre les oreillons, rubéole, rougeole et varicelle font partie des incontournables de la vie des jeunes parents de génération en génération.

    Les vaccins récurrents comprennent également celui de la grippe saisonnière (disponible chaque année en France), il doit toujours son efficacité aux principes de Pasteur en combinant des souches inactivées des derniers virus de la grippe identifiés par l’O.M.S . Ce vaccin contient un cocktail exotique des souches, aux noms évocateurs : ‘‘Solomon Islands ‘’, ‘‘Florida ‘’, ‘‘Brisbane’’, ‘‘California’’ ou encore ‘‘Phuket’’…

    • La recherche continue 

    Les derniers vaccins agréés en France protègent contre le zona ou le papillomavirus (à l’origine du cancer du col de l’utérus).

    Les chercheurs se penchent aujourd’hui sur de nouvelles technologies et méthodes d’administration, telle la recherche sur le génome qui vient bousculer la vaccination traditionnelle : il n’est plus question d’inoculer une souche inactive, mais uniquement les gènes virulents pour provoquer la réponse immunitaire recherchée.

    Cette technologie fait partie des nouvelles réponses vaccinales, comme les vaccins à A.R.N. mis au point contre la Covid 19.

    Les modes d’administration font également l’objet de recherches pour proposer des alternatives à l’injection intramusculaire : spray ou patchs à coller sur la peau ?

    Si les campagnes vaccinales se poursuivent pour protéger les populations, les prochains champs de recherche s’orientent vers la lutte contre les maladies nosocomiales et une couverture vaccinale aux populations fragiles.

    • Les dates des découvertes des vaccins 

    18e siècle

    • 1796 : le tout premier vaccin, en l’occurrence contre la variole

    19e siècle

    • 1879: le choléra des poules
    • 1880: la maladie du charbon
    • 1885: la rage (à visée curative)
    • 1896: la fièvre typhoïde
    • 1897: la peste

    20e siècle

    • 1921: la tuberculose
    • 1923: la diphtérie
    • 1926: le tétanos
    • 1926: la coqueluche
    • 1932: la fièvre jaune
    • 1937: le typhus
    • 1944: la grippe (efficace)
    • 1952: la poliomyélite
    • 1954: l’encéphalite japonaise
    • 1957: l’adénovirus
    • 1962: la poliomyélite
    • 1963: la rougeole
    • 1964: la rubéole
    • 1967: les oreillons
    • 1974: la varicelle
    • 1977: le pneumocoque, (dernier cas de variole connu)
    • 1978: le méningocoque
    • 1981: l’hépatite B
    • 1985: l’hémophilus
    • 1992: l’hépatite A
    • 1998: la borréliose
    • 1998: le rotavirus
    vac_6

    Alexandre Yersin,
    à l’origine du vaccin
    contre la peste en 1897

    Les 3 pionnières du vaccin contre la coqueluche
    en 1926
    De gauche à droite :
    Pearl Kendrick, Grace Eldering et Loney Clinton Gordon

    21e siècle

    • 2006: le papillomavirus
    • 2012 : l’hépatite E
    • 2012 : la grippe saisonnière
    • 2015 : l’entérovirus 71
    • 2015 : la malaria
    • 2015 : la dengue
    • 2019 : Ebola
    • 2020 : la Covid-19

    Texte proposé par Claudine Proriol
    Sources et photos : Internet + Newsletter entreprise thermale ValVital

    Une caricature anti-vaccination par James Gillray  en 1802 :
    ‘‘La variole de la vache ou les effets merveilleux de la nouvelle inoculation’’ !
    Mise en scène de la peur des gens de la minautorisation

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