Conférence 23 novembre 2019 « La femme au Moyen Âge »

    Photos de la Conférence

    NOS BELLES DAMES DU MOYEN ÂGE

    A gauche, « Dame Francine », porte un costume du 13e siècle,

    Au centre, « Dame Catherine », a revêtu une tenue du 15e siècle,

    A droite, « Dame Arlette », porte un costume du 14e siècle.

    Habituées des Médiévales de Crémieu, ces fidèles adhérentes nous ont permis de visualiser quelques costumes du Moyen Âge lors de la conférence de novembre 2019.

    Encore merci à elles.

    1. Le 13e siècle est l’époque la plus brillante du Moyen Age.

    La prospérité est grande et le luxe envahit toutes les classes de la société.

    Les tissus ordinairement utilisés sont la laine (draps d’écarlate et vert dominent), le chanvre ou le lin qui permet de tisser une toile très fine utilisée pour les voiles de têtes et les chemises. On peut trouver aussi de la soie grège importée d’Italie ainsi que le « velux » ou velours, les crêpes de soie et le « camelot » (mélange de soie et de cachemire).

    On enfile, à même la peau, la chemise ou « chainse » jaunie au safran, puis une longue camisole, la « futaine », le « blanchet » ou le « doublet » fait de toile mise en double.

    Sous sa chemise, la femme est nue : elle devra attendre la fin du 18e siècle pour porter une culotte !

    Elle protège cependant ses jambes par des chausses courtes, qui s’arrêtent au genou, retenues par une bande de tissu nouée autour de la jambe : c’est la jarretière.

    La cotte (robe) est si longue que les femmes doivent la soulever pour marcher ; elle est attachée sur la poitrine par un fermail ; une ceinture ou lanière la fixe à la taille.

    Les manches sont très étroites sur l’avant-bras, dites « cousues » (on les bâtit le matin et les découd le soir).

    Sur la robe, le « mantel » est posé sur les épaules, attaché par une cordelière que la femme retient d’une main pour l’empêcher de glisser en arrière ; il est parfois doublé de fourrure (martre, vair…).

    L’escarcelle, pendue à la taille, s’orne de glands.

    Les cheveux des jeunes filles sont flottants ; les femmes les divisent en deux bandeaux tressés et ramenés en chignon sur la nuque ou étirés en deux touffes de côté étirés en pointe ; ils peuvent être enveloppés d’une résille, la « crépine ».

    L’influence religieuse fait qu’on montre peu ses cheveux qui peuvent être teint en blond ou en noir mais jamais en roux.

    Un voile, dit « couvre-chef », passe sous le menton et est fixé sur la tête couverte d’un « touret » (bande goudronnée mise en couronne).

    Aux pieds, un soulier pointu retenu par une courroie au-dessus du pied ou des petites bottes légères fourrées (protégées avec des patins à semelles de bois surélevées).

    Les doigts se chargent de bagues. Les ceintures, les fermaux, les bracelets ou « chasse-bras » s’ornent de diamants, de perles, de grains d’or, de corail, d’ambre, de jais.

    Le chapelet ou « patenôtre » est d’or, d’ivoire, de nacre selon la fortune de son possesseur.

    La mode, voulant qu’on safrane le linge, les femmes veulent aussi safraner leur visage et pour compléter leur beauté, elles utilisent toutes sortes de recettes : des pâtes épilatoires, des pâtes dentifrices, des pommades à lèvres, des cosmétiques variés.

    Les modes du 13e siècle se prolongent jusqu’en 1340 environ.

    2. Le « corset fendu sur le côté » est la pièce la plus élégante et typique du 14e siècle

    Il a été introduit en France par les femmes anglaises qui suivaient les armées.

    Malgré leur grand prix, on aime toujours les draps flamands : écarlate de Bruxelles, yraigne d’Ypres, rayé de Gand. Mais toutes les faveurs vont aux étoffes de soie, fabriquées en Italie ou à Alexandrie avec des dessins inspirés de l’Orient.

    Les femmes portent sur la chemise, un bandeau maintenant la poitrine sans séparer les seins ; même les larges décolletés ronds ou rectangulaires ne laissent jamais apercevoir la lingerie.

    La robe est toujours la « cotte très ajustée » se fermant dans le dos et à manches longues et collantes.

    Le « surcot fermé » est à la mode pendant de longues années ; des fentes latérales permettaient d’y passer les mains ; les manches sont prolongées par des « coudières » ou des demi-manches simulées sur la manche entière.

    Une sorte de gilet plus ou moins long bordé de fourrure est relié à une très vaste jupe à traîne ; il forme un plastron devant et derrière relié aux hanches par une bande de pelleterie. Les vastes ouvertures latérales laissent voir la cambrure de la taille et la ceinture orfévrée de la « cotte » ; elles sont baptisées « Fenêtres d’enfer » par l’Eglise !

    Le « surcot ouvert » est orné au milieu du devant par une série d’agrafes en forme de joyaux ou de petits boutons. La cote hardie ou « cotardie» est un surcot très ajusté.

    La chevelure des jeunes filles est flottante. Les femmes portent les cheveux séparés en deux par une raie au milieu du front et ensuite roulés sur les tempes en bourrelets dirigés vers la nuque qui se réunissent flottants dans le dos.

    « Dame Arlette » porte la coiffure à « templettes », faite de deux tresses grossies par  des moyens factices, tombant de chaque côté du visage, cachant les oreilles et relevées en arrière ; elles sont souvent prises dans une crépine tissée de perles.  La « huve » est un voile léger qui tombe autour du visage ; la « barbette » passe sous le menton.

    Les chaussures à longs bouts pointus sont dites « à la poulaine ».

    Les bijoux sont les « chapels » d’orfèvrerie enchâssés de pierres précieuses, les agrafes de surcot, les fermaux de dimensions colossales et les bagues-sceaux.

    L’idéal de la beauté de l’époque est d’avoir le front haut, uni et bombé, aussi les dames tirent leurs cheveux le plus possible en arrière, se rasent le haut du front pour l’agrandir et dégagent des cheveux, le cou et la nuque.

    Mariage de Marie de Brabant et du roi Philippe III
    Isabelle Stuart et Marie du Berri (costumes de cérémonie)

    3. Au cours du 15e siècle, on passe d’un luxe extrême (Charles VI) à une simplicité exagérée (Louis XI)

    La cour de Bourgogne est plus que jamais éblouissante et fastueuse.

    Cependant, lorsque la France est livrée aux Anglais, chacun ne pense qu’à passer inaperçu et les riches habits et bijoux sont cachés ; aussitôt que la guerre s’éloigne d’une région, le goût de la parure réapparaît.

    La cour de Bourgogne est plus que jamais éblouissante et fastueuse.

    Cependant, lorsque la France est livrée aux Anglais, chacun ne pense qu’à passer inaperçu et les riches habits et bijoux sont cachés ; aussitôt que la guerre s’éloigne d’une région, le goût de la parure réapparaît.

    Des fabriques de soieries sont créées par le roi en 1466-1480, à Lyon et Tours. La faveur va aux étoffes de soie tramées, damassées, brochées dans des nuances sombre : vert, brun, rouge, noir, gris.

    La robe des femmes est très ajustée au buste et aux bras, décolletée devant en pointe jusqu’à la taille avec une ceinture placée sous les seins et agrafée dans le dos. Des bandes de toile serrent la taille et soutiennent les seins. L’échancrure est couverte par un triangle d’étoffe, le « tassel ».

    Le décolleté, très grand devant, est en pointe dans le dos ; les revers souvent garnis d’une bande de fourrure, la « laitice », plus ou moins large selon la qualité de la femme qui la porte.

    La « cotardie » (robe à chevaucher) est une longue robe collante au buste, doublée de fourrure, boutonnée sur le côté, aux manches souvent relevées ; elle est sans ceinture ou avec ceinture basse dorée.

    La « houppelande » est un vêtement ample et long fourré ou doublé à collet montant, haut et boutonné ; les manches longues tombant à terre couvrent les mains ou se relèvent sur les bras ; les bords sont déchiquetés.

    Les jeunes filles laissent leurs cheveux flotter, retenus par un fil ou une couronne de fleurs.

    A l’époque de Charles VI, de gros sachets, les « truffeaux » (cheveux postiches), servent de supports aux coiffures à cornes ou à gros bourrelets. Un haut bonnet conique incliné en arrière, tronqué ou pointu, appelé « bonnet à la Syrienne », puis « hennin » singularise cette époque.

    Un voile pend, il est soit fixé à la pointe, soit posé dessus. Très empesé, soutenu par des fils d’archal ou de laiton, il devient les « huves ». La longue écharpe qui pend de la coiffure, rejetée sur le bras, est le « couvre-chef à bannières ».

    Les cheveux peuvent aussi être enveloppés dans une résille.

    Le goût des poulaines se poursuit ; elles s’allongent ridiculement et il faut renforcer leur pointe d’une armature de baleines. Vers la fin du règne de Louis XI, les souliers s’arrondissent au bout et plus tard se terminent en raquette.

    Au luxe du costume s’ajoute celui des bijoux (la taille des diamants est spécifiée pour la première fois dans une ordonnance royale). Outre les diamants, on utilise les émeraudes, les rubis, les perles et les saphirs.

    Les ceintures ont des boucles d’or, d’argent, de vermeil orfévrées, filigranées, ornées de petites pierres. Les broches ou « fermaux » en joaillerie émaillée mêlée de pierres agrafent les manteaux.

    Le temps où la femme fait montre de tous ses bijoux est celui de la suite des couches.

    L’accouchée reçoit ses parents et amis exposée sur son lit, vêtue d’une camisole de satin, plus parée qu’une idole avec tous ses joyaux.

    Il est de mode d’avoir le front haut et bombé, la nuque et les tempes dégagées ; on s’épile avec la poix et se rafraîchit le teint avec les « pleurs de vigne ».

    LE COSTUME DES PAYSANS AU MOYEN ÂGE

    Au Moyen Âge, les gens modestes avaient des vêtements assez semblables entre eux ; les tissus utilisés sont la laine, le chanvre ou le lin.

    1. Chez les hommes  

    Une chemise (chainse) et un caleçon de toile ou braies longues ou courtes, qui deviennent collantes au 12e siècle. La chemise est en toile, quelquefois plissée, ouverte en bas.

    Cet ensemble constitue l’équivalent de nos sous-vêtements.

    Les jambes et les pieds peuvent être protégés par des chausses, retenues d’abord par des bandelettes puis attachées aux Brayes (ceinture) par des aiguillettes, qui sont des cordons analogues aux lacets de chaussures.

    Une cotte (tunique rudimentaire) appelée jusqu’au 11e siècle « bliaud », dont les manches sont taillées à angle droit par rapport au corps. Il est court au début de l’époque romane et le restera pour les hommes de la classe laborieuse.

    Pour se protéger du froid en automne et en hiver, le paysan et le berger ont une seconde tunique à manches, plus épaisse et une pèlerine à capuchon (souvent courtes) ainsi que des chaussures montant jusqu’à la cheville.

    Pour se protéger du soleil, on porte un couvre-chef : une cale de toile, souvent portée sous une autre coiffure (surtout au 13e siècle), chaperons (capuchon à collerette), chapeaux de paille, chapeaux et bonnets de feutre (14e siècle).

    2. Chez les femmes

    Les vêtements sont plus longs que ceux des hommes et couvrent au minimum le mollet. Le terme de « robe » désigne l’ensemble des habits féminins.

    Sur la peau, une chemise plus large sur le bas, avec un col rond qui deviendra par la suite de plus en plus échancré ; on y ajoutera parfois une bande de toile pliée en « V » des épaules au milieu de la poitrine. La femme ne porte pas de caleçon, ni de braies, mais est nue sous la chemise.

    Un bandeau de toile est serré sur la chemise pour maintenir la poitrine (on y ajoutera parfois des petits « sacs » pour augmenter une poitrine jugée trop petite…).

    Les jambes et les pieds sont protégés par des chausses, plus courtes que celles des hommes (elles s’arrêtent aux genoux) et retenues par une bande de tissu nouée autour de la jambe (la jarretière).

    Pour se protéger du froid, les femmes disposent d’un « pelisson » : il s’agit d’un long gilet sans manches porté entre la chemise et la « cotte » ou bliaud.

    Les couvre-chefs sont un peu différents de ceux des hommes : un grand carré de toile blanche noué de différentes façons autour de la tête ou un chaperon ouvert sur le devant ou refermé par des boutons.

    Texte proposé par Claudine Proriol

    Bibliographie :  

    « Précis d’Histoire du Costume »

    De Mme Suzanne Agron             

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