Page 2 - Œufs de Fabergé
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C'est un bouleversement dans le monde de l'art : 23 ans après sa dernière apparition
                  aux enchères, ‘‘l'œuf d'hiver’’ de la maison Fabergé refait surface chez Christie's et
                  s'envole chez un nouveau propriétaire pour 26 millions d'euros. Un record absolu battu
                  le mardi 2 décembre 2025 !



                  Ces petits trésors, aussi précieux d'un point de vue artistique qu'historique, continuent
                  de  fasciner.  Chaque  année,  pour  Pâques,  le  tsar  Alexandre  III  puis  son  fils  le  tsar
                  Nicolas II, commandent à leur orfèvre favori Fabergé une (ou deux) œuvres d'art sous
                  forme d'œuf, avec une surprise à l'intérieur.


                  Fabergé, c’est l’histoire d’un nom, celui d’une famille devenue, grâce à une inventivité
                  et un savoir-faire exceptionnels, le symbole du luxe et du raffinement à la Cour de
                  Russie.


                  Rien  n’illustre  mieux  cette  phrase  que  le     Carl Fabergé se définissait
                  succès  des  fameux  œufs  de  Fabergé,  ces            comme un artiste :
                  œufs  de  Pâques  créés  pour  la  famille
                  impériale.  Quintessence  de  virtuosité  en   ‘‘J’ai  peu  d’intérêt  pour  un  objet  de
                  matière  de  joaillerie,  chaque  pièce       valeur  si  son  prix  ne  tient  qu’à
                  constitue  une  œuvre  d’art  à  part  entière.    l’abondance  des  diamants  et  des
                  Du temps de la Russie des tsars, ils suscitent   perles.’’
                  l’admiration  et  la  convoitise  de  toute
                  l’Europe.  Depuis  la  chute  du  régime  et
                  jusqu’à  aujourd’hui,  ils  déchaînent  les
                  passions dans le monde entier. Découvrons l’histoire de ces écrins précieux.


                  Des orfèvres picards en Russie


                  Le nom Fabergé est bien d’origine française. La famille, établie en Picardie, est contrainte
                  de quitter brusquement la France lors de la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV
                  en 1685. Le grand-père du futur Carl Fabergé s’installe avec sa famille dans la région de
                  la Baltique et obtient la nationalité russe. Son fils Gustave, jeune orfèvre ambitieux, va
                  s’établir à Saint-Pétersbourg, carrefour artistique florissant.  En 1842, il ouvre son atelier
                  à deux pas du Palais d’Hiver où résident les Romanov, qui règnent sur le pays depuis plus
                  de  250  ans.  Il  profite  largement  des  commandes  de  l’aristocratie  pétrovienne,  très
                  fortunée  et  volontiers  dépensière.  Son  atelier  se  transforme  en  petite  entreprise
                  prospère.

                  Carl Fabergé, aîné de Gustave Fabergé, naît le 30 mai 1846. Il partage ses jeunes années
                  entre l’atelier de son père et les écoles les plus réputées. En 1860, il suit sa famille qui
                  déménage à Dresde en Allemagne tandis que la petite entreprise est confiée à de fidèles
                  collaborateurs. Carl, jeune homme de 14 ans à la curiosité insatiable, rêve d’aventures.
                  Il se lance dans un long tour d’Europe, à la rencontre des plus grands orfèvres de France,
                  d’Allemagne,  d’Italie  et  d’  Angleterre.  Il  boit  leurs  conseils  et  apprend  à  maîtriser
                  différentes techniques nouvelles. De retour de son voyage initiatique, Carl prend une

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