Conférence 20 novembre 2021 – SOURD COMME UN POT ? : « L’énigme des pots acoustiques dans les églises anciennes »

    Nous vous donnons rendez-vous samedi 20 novembre 2021, à COURTENAY (38510), salle St Rô, 14h30, pour une conférence, à deux voix, gratuite et ouverte à tout public, animée par Madame Bénédicte Bertholon et Monsieur Jean-Christophe Valière, sur la thématique ‘‘Sourd comme un pot ?’’, l’énigme des pots acoustiques dans les églises anciennes.

    Madame Bénédicte Bertholon est archéologue, chercheur-associé du C.E.S.C.M. (Centre d’Etudes Supérieures de Civilisation médiévale) université de Poitiers.

    Monsieur Jean-Christophe Valière, est professeur, acousticien, Institut Pprime C.N.R.S. (unité propre de recherche du CNRS), université de Poitiers.

    Tous deux ont dirigé la publication parue en juin 2012 de la Société française d’Archéologie : Archéologie du son : les dispositifs de pots acoustiques dans les édifices anciens (Editions Picard – Paris) ; publication qui a posé les bases des connaissances actuelles sur le sujet.

    Autre intervention sur un congrès en 2016 (avec David Fiala et Vasco Zara) : L’effet des pots acoustiques du caveau ‘‘phonocamptique’’ de la cathédrale de Noyon : analyse modale et performance chantée.

    Ils proposent de percer l’énigme archéo-acoustique des pots dans les murs des édifices anciens à travers le résultat de leurs recherches à partir d’exemples concrets étudiés en France (travail interdisciplinaire mené depuis plusieurs années entre historiens, archéologues, linguistes et acousticiens).

    Quelques mots d’approche  (issus de la publication de 2012 des deux conférenciers, citée plus haut)

    Dès le milieu du 19e siècle (1840), les poteries trouvées dans les maçonneries et dans les voûtes des édifices – en particulier des églises – du Moyen Age et de l’époque moderne, ont éveillé la curiosité quant à leur usage et leurs fonctions et ont fait l’objet de nombreuses recherches et publications par le biais des sociétés savantes alors en plein essor en France.

    Bien que l’étude de ces vestiges céramiques ainsi trouvés ait conduit à des interprétations variées et même parfois fantaisistes (joints de dilatation pour les enduits, cache trésor, nid à pigeon, par exemple), l’hypothèse acoustique est retenue dans la majorité des cas.

    Parmi les règles qui régissent la mise en place des poteries dites ‘‘acoustiques’’, la liturgie apparait comme le facteur principal.

    Il semble aussi que l’objectif visé par ces dispositifs n’ait pas été exclusivement l’amplification du son, comme le croyaient la plupart des auteurs jusqu’au milieu du 20e siècle….

    Un mystère troublant : à signaler tout de même que, ni la question de la mise en place de ces poteries, ni celle de leur fonctionnement ne figurent dans les traités d’architecture de la fin du Moyen Age, bien que l’emploi de ces dispositifs soit attesté du 11e au 18e siècle avec plus de 200 cas en France, mais aussi dans différents pays d’Europe occidentale et centrale, dans le bassin méditerranéen et au proche Orient.

    Tourtoirac (Dordogne), chapelle des moniales, pots acoustiques déposés, provenant de la voûte

    Pots provenant de Saint-Martin d’Angers (Maine et Loire)

    Si le sujet fut du domaine des archéologues jusqu’au milieu du 20e siècle, ce sont les acousticiens qui, dans les années 1960-1980 ont apporté les contributions les plus significatives, tant en ce qui concerne l’inventaire des sites que le fonctionnement acoustique des exemples médiévaux.

    Autre énigme : compte tenu du nombre de vestiges conservés à travers l’ Europe, la question se pose des raisons de la rareté des témoignages écrits anciens et sur celle de leur disparition (presque totale) dans la mémoire collective, 150 ans après la mise en place du dernier dispositif attesté ?

    Nos conférenciers présenteront leurs travaux à travers plusieurs séquences en s’appuyant sur un diaporama ‘‘vivant’’ et largement illustré avec entre autres :

    La présentation des sources écrites, le regard à partir d’approches différentes (filiation entre les ‘‘echea’’ antiques (sortes de vases en bronze utilisés dans les théâtres grecs) et les pots acoustiques, autre transmission possible, dimension sonore de la liturgie, lecture symbolique des pots, approche sémantique de la terminologie acoustique, etc.), l’éclairage archéologique avec des exemples concrets (Saint-Martin d’Angers, Pommiers en Forez, Saint-Chef en Dauphiné, etc.), le volet acoustique de la problématique.

    Pot extrait de la voûte de l’église de Pommiers-en-Forez

    Approche symbolique : Cologne, église Saint-Séverin, nef, pots acoustiques intégrés au programme peint
    (exemple cerclé en rouge, en haut à droite) – Le Couronnement de la Vierge

    Pots acoustiques de l’église de Pommiers-en-Forez

    Caveau ‘‘phonocamptique’’ de la cathédrale de Noyon (Oise)

    Eglise de Saint-Chef en Dauphiné,  45 pots acoustiques insérés dans les murs

    Texte proposé par Solange Bouvier

    Sources textes et photos :

    • Archéologie du son : les dispositifs de pots acoustiques dans les édifices anciens – 2012 (Editions Picard – Paris)
    • Internet

    Photos de la Conférence

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